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Comment calculer son plan de marche (part I) ?

Je vous ai présenté mes objectifs, mais je ne vous ai pas expliqué comment je m'y suis pris pour définir les temps, intermédiaires et allures de chaque section.

A la base il y a deux façons de procéder. 
- Soit on commence par travailler sur chaque section et on regarde ensuite ce que cela donne en terme de résultat
- Soit on part du résultat visé et on essaye de le répartir sur les différentes sections

La première approche est intéressante lorsque l'on souhaite obtenir le meilleur temps global grâce à l'optimisation de chaque section, en gros si vous voulez estimer la "perf" que vous pourriez éventuellement réaliser sans vous poser la question de "en combien je vais le faire ?". Le résultat final n'est pas valorisé au début et n'est que le résultat du travail fourni sur l'étude et la prévision de chaque section.

La seconde approche part du résultat final, et permet de répartir le temps sur les différentes sections de l'épreuve, ce qui est une approche qui fonctionne de façon opposée à la première puisque là ce qui prime c'est le temps final visé pour lequel on va chercher la meilleure façon de progresser pour l'atteindre.

N'étant pas à la recherche d'une perf en tant que telle, c'est bien sûr la  seconde méthode que j'ai utilisé.

Je vous l'ai déjà expliqué dans le billet de la semaine dernière, j'ai défini mon objectif final de 36h30. je n'y reviens donc pas.

La question maintenant est de savoir comment projeter ce temps final sur les différentes sections de la course de façon à vérifier si cela n'est pas trop incohérent ?

Pour ça j'utilise deux tableaux dans lesquels je rentre toutes mes données.

Le premier est destiné à avoir une idée synthétique de la vitesse moyenne à avoir sur chaque section correspondant aux barrières horaires 

Comment calculer son plan de marche (part I) ?

On va se concentrer uniquement sur les lignes en bleues qui représentent l'objectif visé, mais comme vous pourrez le constater, j'ai également fait le premier niveau de l'exercice pour les objectifs de 35h00 et 38h00 histoire de voir quels écarts cela pouvait donner.

La première chose à avoir, ce sont les différentes "étapes" et la distance entre chaque étape. Pour le moment et en l'absence de plus de précision sur le tracé 2017, je suis reparti des point représentant les barrières horaires de 2016. Cela demandera peut être un peu d'adaptation si le parcours fait l'objet de modifications, mais globalement cela devrait rester cohérent. Le vrai tableau de marche avec tous les pointages et ravitos ce sera pour plus tard. Par contre j'utiliserai exactement la même méthode.

Tous les points correspondants à des barrières horaires sont donc ceux à gauche du tableau.

La première colonne du tableau [Distance section en m] correspond à la distance entre chaque point, exprimée en mètres car cela facilite les calculs pour la suite. Là encore, il s'agit d'une donnée fournie par l'organisation.

La seconde colonne du tableau [Vitesse initiale en m/heure] correspond à la vitesse moyenne que j'envisage sur la section. C'est de cette donnée que vont découler une grande partie des calculs suivants, il faut donc y apporter un peu de soin (5300, correspond à 5300m/heure soit 5,3km/h). 

Pour définir ces valeurs, je suis parti de mon objectif global et j'en ai tiré une vitesse moyenne linéaire sur toute la course. 177 km en 36h30, cela donne une moyenne de 4,85 km/h. C'est bien, mais dans les faits on conserve rarement une vitesse constante sur la totalité d'une telle épreuve. Même si en MN l'écart entre la vitesse initiale et la vitesse finale est plus faible que pour un coureur, il faut trouver une clé de répartition. Je suis donc parti du principe que j'irai un peu plus vite sur la première moitié de la course et un peu moins vite sur la seconde section. 

Donc la bascule (4,85 km/h) devrait se situer aux alentours de Locmariaquer ou d'Arzon (c'est beau la théorie, non ?)

A partir de là, j'ai alimenté ma vitesse initiale en l'impactant progressivement en plus ou en moins. Cela démarre avec une vitesse moyenne qui peut sembler assez basse, mais il faut prendre en compte que la première barrière horaire se situe à plus de 55km, soit pratiquement 1/3 de la course. Avec les données saisies dans cette colonne, le tableau calcule automatiquement les 3 colonnes suivantes [Temps section en secondes (calculé)], [Temps section en heures (calculé)] et [Temps total en heures (calculé)].

Le premier travail consiste à retoucher les vitesses initiales, de façon à obtenir le bon total final. C'est la raison de la colonne avec le temps en seconde . Mon objectif de 36h30 représente un total de 131400 secondes. En faisant varier mes vitesses initiales (à grosse maille) j'essaye de faire en sorte que le total de la colonne 3 (temps section en secondes) s'en approche au maximum.  Dans mon cas particulier, je suis arrivé à 131057, soit un écart de -6mn par rapport à l'objectif... Comme on va retravailler ces chiffres, cet écart n'est pas significatif.

Pour des raisons de lisibilité, les durées en secondes sont traduites en temps exprimés en heures, soit par section, soit globalement. Bref pour le moment j'ai une feuille de route pour 36h24'17".

Simplement ces chiffres sont purement mécaniques, et ne prennent pas en compte les spécificités du parcours. Il faut noter que l'exercice est rendu un peu plus simple par le profil du parcours qui est relativement contant, ou plutôt que j'ai décidé de conserver comme non impactant pour mes allures. Le même travail sur l'UTMB nécessiterait de prendre en compte le profil de la course entre chaque point de mesure.

Partant des heures calculées, je fais ensuite deux opérations.

Je commence par arrondir manuellement les temps intermédiaires [Temps section en heures (corrigé)] pour avoir des chiffres ronds (tranche de 5mn). C'est beaucoup plus simple à lire une fois sur le terrain. Les 4h07'50 du Hézo deviennent 4h10 désormais.

Une fois tous les chiffres arrondis, je peux procéder à des réajustements manuels par rapport à des éléments particuliers. Si je décide de faire un arrêt de 1h00 sur un CP, j'ai peut être intérêt à l'intégrer tout de suite  et rallonger le temps de la section concernée (Attention, si c'est une longue montée, normalement vous avez déjà du en tenir compte au début lors du choix de la vitesse de progression...). Dans mon cas je n'ai pas réalisé d'ajustement de ce genre. Je ne prévois pas d'arrêt de longue durée, et je pars du principe que ces vitesses moyennes intègrent mes temps de pause (mais on va y venir).

Je procède ainsi jusqu'au moment où j'obtiens dans la colonne [Temps total en heures (corrigé)] le temps cible visé. Oh surprise, je suis arrivé au temps de ... 36h30. Stop, on ne touche plus à rien !

Dernière colonne calculée automatiquement, la [Vitesse section en km/heure (corrigée)]. C'est la vitesse moyenne réelle que je devrais avoir pour tenir le temps prévu sur la section. N'oubliea pas que le temps d'arrêt au ravitaillement est compris dedans, et qu'un arrêt de 15mn impacte considérablement votre vitesse moyenne. Ca me permet surtout de voir si la progression reste réaliste ou non.

Et voilà, c'est aussi simple que ça... Pour la première partie... 

Mais comme vous pouvez le deviner cette approche est encore trop macro pour alimenter la vraie feuille de route. La prochaine fois je vous présenterai comment établir les données détaillées qui alimenteront la feuille de route

Kenavo !

Tag(s) : #course, #ultramarin2017

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