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Ultramarin 2017 - Les pièges de l'ultramarin

Quand on regarde le descriptif de la course, sur le papier, à part la distance, le reste ressemble d'avantage à une promenade dominicale plutôt qu'à un bon gros trail de montagne.

C'est plat, avec un profil et un terrain relativement roulant, il suffit d'ailleurs de regarder la moyenne horaire des premiers pour s'en convaincre.

Et justement, si c'était là que se cachaient les pièges de cette épreuve ?

Je vous ai présenté le taux d'abandon sur cette épreuve la dernière fois... Drôlement élevé pour une course facile, n'est-ce pas ?

Avoir ce taux d'abandon de presque 50%, tous les ans, à l'UTMB, au GRR ou au Marathon des Sables ne surprendrait personne, mais là, sur du plat roulant... Comment est-ce possible ?

Une allure trop rapide ?

Ok ! La course parait facile, en tous cas, sans difficulté particulière. Du coup, avec un peu d'expérience et d'endurance, on se dit que ça va le faire, et on a peut être parfois tendance à surestimer ses capacités.

Ultramarin 2017 - Les pièges de l'ultramarin

Cette facilité apparente est directement liée à la première cause d'erreur qui est de partir trop vite. 
Un départ sur le plat, roulant, alors qu'on est en pleine forme, en fin de journée, sans obstacle en vue, et surtout avec quelques fusées devant qui partent vite mais en connaissance de cause. Il n'en faut pas plus pour entraîner le gros du peloton à partir un ou deux km/h plus vite que prévu... 

Un km/h plus vite, ce n'est pas grand chose les premières heures quand on est frais, et en voyant avec quelle facilité ils prennent de l'avance sur leur feuille de route cela en motive certains à prolonger cet effort, sauf que ça ne dure jamais très longtemps, et le revers de médaille est parfois assez cassant.

Une multiplication des relances

Il y a un élément qui est assez peu pris en compte, ce sont les multiples relances et "coup de cul" qui viennent ponctuer la progression.

Alors, bien sur que le dénivelé est faible, mais ce que le tracé ne laisse pas apparaître, ce sont tous les petits escaliers, moins d'une dizaine de marches en général à chaque fois, toutes les petites buttes d'un mètre ou deux qu'il faut descendre puis remonter à chaque traversée de route, sans parler des "stop vélo" sur les sentiers, ces barrières en forme de chicanes au travers desquelles il faudra passer.

Autant d'obstacles qui obligent à la fois à fractionner et à relancer tout en sollicitant les muscles et les articulations. 

Quand on le fait une fois, deux fois, dix fois, ça passe, mais au bout de 20 ou 30 heures de course, c'est loin d'être négligeable

Dans ce même ordre d'idées, la remarque que m'a formulé Tommies sur le blog n'est pas dénuée d'intérêt. C'est une forme de conséquence de ces enchaînements de coup de cul sur le parcours. C'est un circuit qui, sur de nombreuses sections, ne laisse pas vraiment de zone de récupération, et comme on le perçoit comme plat, et bien il devient difficile d'accepter de marcher.

Progressivement cet entêtement passe de "usant" à "destructeur" !

Terrain dur mais caillouteux qui ruine les pieds

On y fait assez peu attention, mais le sol est loin d'être confortable. Si on laisse de côté les zones très particulières comme le sable ou l'eau, et qui demeurent des micro phénomènes trop ponctuels pour avoir un impact, le reste du parcours, sous son aspect stable, est bien souvent composé de sentiers stabilisés mais avec beaucoup de cailloux affleurants.

Pas vraiment suffisant pour se casser la figure (si on lève un peu les pieds) mais assez présents pour provoquer douleurs et échauffements.

Cela pose une vraie question sur le choix des chaussures. Des routes stables et légères pour dérouler mais avec lesquelles on sent les cailloux, ou des trails plus lourdes, moins roulantes mais plus aptes à supporter ces écarts de sols ? 

On aura l'occasion d'y revenir lorsqu'on parlera du choix des chaussures

2 nuits blanches

Alors là, c'est vrai que ce point ne concerne pas tout le monde. Si votre objectif est en moins de 28 heures, vous pouvez le zapper. Pour les autres, ceux qui seront avec moi, on aura cet écueil à gérer.

Un départ en fin d'après midi, va nous obliger à devoir gérer 2 nuits en course. Hors pour l'organisme, il est très différent de gérer une course en format jour - nuit - jour  et une course en format nuit - jour - nuit. 

Ultramarin 2017 - Les pièges de l'ultramarin

La première nuit passe bien, normal, on est frais, puis viens le lever du jour qui nous booste. Là en général on va prendre dans l'après midi un petit coup de bambou (c'est qu'on approche des 20h à 24h de course quand même). On le gère plus ou moins bien, certains en dormant un peu, d'autre en se mettant des baffes... Chacun sa technique. 

Puis arrive la seconde nuit. Avec un départ à 18h00, et une tombée de la nuit vers 23h00, on en est quand même à près de 30h de course. Alors non seulement on est en course depuis bien plus longtemps que les premiers, mais en plus le corps va se rendre compte que la nuit tombe, et lui il n'a qu'une envie, c'est d'aller se reposer... Là c'est le mental qui doit prendre le dessus. Toujours plus facile à dire qu'à faire !

Il fait beau en Bretagne

Comme me l'avait dit mon ami Bernard en 2013, "En Bretagne il pleut que sur les cons"

Ultramarin 2017 - Les pièges de l'ultramarin

Hé oui, en 2013, on avait eu la surprise de voir la course tomber pile sur le premier gros WE de chaleur. Seule elle était tout à fait supportable, mais associée aux éléments dont on a parlé juste avant, elle en a fait des dégâts. Moi le premier. Par chance, j'avais réagi assez vite et je ne m'étais pas entêté, mais départ trop rapide + coup de chaud, et il faudra que j'attende l'arrivée de la première nuit pour me refaire la cerise !

Comme le rappelait Maître Guy, n'oubliez pas non plus que nous sommes au bord de la mer, et pas dans le désert.

Ici courir avec un taux d'humidité de 50% ou plus n'a rien d'anormal, sauf que 28-30° avec 50% d'humidité, c'est une déshydratation bien plus importante et profonde que celle qu'on peut connaitre sous 40° et 5% d'humidité dans le désert.

Donc si la chaleur monte ne serait-ce que de quelques degrés, il faut absolument adapter son hydratation en conséquences, et ne pas se dire "Oh ! Il ne fait que 27°... J'ai connu pire que ça !"

Après rien n'empêche aussi qu'on soit tous un peu con, et que du coup on soit obligé de courir sous la flotte (oui il peut y avoir plus de 50% d'humidité en bretagne... enfin, il parait !). Les sentiers deviennent glissants, donc encore plus usants, mais surtout, en cas de coup de mou, quand on est au chaud dans un ravito, comment se motiver pour repartir sous des trombes d'eau ?

Vous l'aurez compris, ne vous laissez pas abuser. Dans "ultramarin", il y a le mot "ultra". Il faut le garder à l'esprit et ne pas tenter de banaliser l'épreuve même si elle vous semble terriblement accessible.

Kenavo !

Tag(s) : #course, #ultramarin2017

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